Chaque été, la question revient : comment protéger son équipe et maintenir la qualité de son service quand les températures grimpent, où fourneaux et coups de feu ajoutent plusieurs degrés à la chaleur ambiante ?
Entre obligations légales, bon sens et adaptation de la carte, voici un point complet pour aborder sereinement les fortes chaleurs.
Les obligations de l'employeur face à la chaleur
Depuis le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, le Code du travail intègre officiellement la prévention des risques liés aux « épisodes de chaleur intense » dans les obligations générales de santé et sécurité de l’employeur (article R. 4463-1 et suivants). Concrètement, cela signifie que :
- Le DUERP (Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels) doit intégrer le risque de chaleur intense, avec des mesures de prévention adaptées à chaque poste (plonge, piano, pâtisserie…).
- Une eau potable fraîche doit être mise à disposition des salariés à proximité des postes de travail, un point de vigilance particulier en cuisine où l’on pense parfois à tout sauf à l’hydratation du personnel.
- L’aménagement des horaires et des tâches doit être envisagé lors des pics de chaleur : décaler les préparations les plus exposées (plonge, cuisson) vers les heures les plus fraîches, renforcer les pauses.
- Une information des salariés sur les risques (coup de chaleur, déshydratation) et les gestes de prévention doit être assurée.
- En cas de vigilance météo orange ou rouge canicule, des mesures renforcées peuvent s’imposer (aménagement du temps de travail, mise à disposition de moyens de rafraîchissement).
Ces dispositions ayant été introduites récemment, nous vous recommandons de vérifier les seuils et modalités précises applicables à votre établissement auprès de votre expert-comptable, de votre médecine du travail ou sur Légifrance, ces éléments pouvant faire l’objet de précisions complémentaires.
Hydratation du personnel : les bons réflexes
En cuisine, la chaleur des équipements s’ajoute à celle de l’été, les températures ressenties près d’un piano peuvent dépasser de 10 à 15°C la température extérieure. Quelques bonnes pratiques simples :
- Mettre à disposition de l’eau fraîche en permanence, visible et facilement accessible (pas seulement un point d’eau au fond du local poubelle).
- Encourager des pauses hydratation courtes mais régulières plutôt qu’une seule pause longue.
- Sensibiliser l’équipe aux signes du coup de chaleur (maux de tête, vertiges, fatigue inhabituelle, crampes) pour réagir vite.
- Prévoir des brumisateurs ou ventilateurs dans les zones les plus exposées si l’agencement le permet.
- Adapter la tenue de travail quand c’est possible (tissus respirants, manches courtes en zone froide).
Adapter sa carte pour l'été
Au-delà du confort de l’équipe, la chaleur est aussi une opportunité de repenser sa carte :
- Réduire les préparations longues cuisson qui surchauffent la cuisine et allongent l’exposition du personnel à la chaleur.
- Miser sur le froid et le cru : tartares, carpaccios, salades composées, gaspachos.
- Travailler les produits de saison locaux, plus faciles à sourcer en circuits courts l’été (l’occasion de mettre en avant vos producteurs de proximité).
- Anticiper le gaspillage : les produits frais tiennent moins bien en période de forte chaleur, ajuster les quantités commandées et les rotations de stock devient encore plus stratégique.
- Repenser les boissons : infusions glacées, eaux aromatisées maison, mocktails, un levier simple pour augmenter le ticket moyen en été.
Repenser sa carte pour l’été, c’est aussi l’occasion de revoir son sourcing : produits frais locaux, fournisseurs capables de livrer rapidement en période de forte demande, matières premières au juste prix.
C’est précisément sur ces sujets que Les Petits Porteurs accompagne au quotidien plus de 380 restaurateurs indépendants d’Île-de-France, en négociant pour eux les meilleures conditions auprès de plus de 50 fournisseurs partenaires, pour leur permettre de garder la main sur leur carte et leur cuisine, sans sacrifier leur indépendance.


